Rencontre avec Christophe Saïdou, adjoint au responsable régional de la politique immobilière de l’État à La Réunion
À l’occasion des 10 ans de la direction de l’immobilier de l’État (DIE), cette série met en lumière celles et ceux qui, chaque jour, contribuent à la gestion du patrimoine et à la mise en œuvre de la politique immobilière de l’État. Rencontre avec Christophe Saïdou, adjoint au responsable régional de la politique immobilière de l’État à La Réunion.
« Je suis un acteur de la transformation du service public et du territoire »
1. Qui es-tu
Peux-tu te présenter en quelques mots ?
Je suis ingénieur du bâtiment et des travaux publics, expert en ingénierie de projets complexes, et actuellement adjoint au responsable régional de la politique immobilière de l’État (RRPIE) à La Réunion.
Quel a été ton parcours avant ce poste ?
J’ai d’abord piloté des chantiers d’envergure dans le secteur privé, au sein de Vinci Construction Dom Tom et de Setec International. J’ai ensuite supervisé des opérations de travaux neufs et d’entretien pour le compte de l’Aéroport de La Réunion Roland Garros et de la région de La Réunion, avant de rejoindre la mission régionale de la politique immobilière de l’État de La Réunion en tant que contractuel en janvier 2021.
As-tu connu un moment particulier de transformation pour l’immobilier de l’État ?
Oui. En collaboration avec l’équipe projet de la direction de l’immobilier de l’État, j’ai accompagné localement le déploiement du plan « France Relance », qui représente un total de 40 millions d’euros injectés dans le tissu économique local.
Cette période a constitué un moment particulièrement structurant, avec une forte mobilisation des équipes et une accélération des projets immobiliers portés par l’État sur le territoire.
2. Ton rôle au quotidien
En quoi consiste ton métier aujourd’hui ?
Je concentre aujourd’hui mes missions sur le pilotage stratégique du parc immobilier de l'État. L’ambition des collaborateurs du pôle régional de l’immobilier de l’État est de transformer le patrimoine de l’État en un levier de performance conciliant des enjeux techniques, financiers, environnementaux et politiques.
Peux-tu nous donner un exemple concret de mission ou de projet qui illustre ton rôle ?
Mon parcours au sein de l’immobilier de l’État témoigne d’une transition majeure : en passant du mode projet spécifique au plan de relance. J’ai évolué vers une stratégie immobilière inscrite dans une démarche collaborative et élargie avec les acteurs du territoire.
Cette approche intègre aujourd’hui des enjeux essentiels tels que la transition environnementale, l’adaptation au changement climatique, ainsi que la mise en œuvre de la doctrine relative à l’optimisation des surfaces occupées (réduction des surfaces tertiaires de 25 % en dix ans). Relever ces défis sur une région ultrapériphérique, notamment via l’élaboration du schéma directeur immobilier régional (SDIR), est une mission passionnante.
Cette dynamique collective est possible grâce à l’implication et la motivation quotidiennes des collaborateurs mobilisés sur ces sujets.
Cette organisation s’appuie sur une coordination étroite et régulière entre le préfet de région, le directeur régional des Finances publiques et le responsable régional de la politique immobilière de l’État, garantissant la cohérence du pilotage, la continuité des arbitrages et l’efficacité opérationnelle.
Quelles compétences sont essentielles pour exercer ce métier ?
Selon moi, exercer ce métier nécessite des compétences techniques, mais aussi, et surtout, une capacité d’influence et de fédération des acteurs autour du prisme de la politique immobilière de l’État.
3. Ta vision des transformations
Quelles évolutions as-tu observées depuis ton arrivée ?
Nous progressons en continu vers une approche stratégique axée sur le développement durable et la coopération avec les acteurs du territoire. J’ai également constaté l’évolution de nos outils, notamment dans la fiabilisation et l’exploitation des données immobilières.
As-tu constaté une évolution dans la manière de travailler ?
Oui. La méthode de travail est plus transversale et le dialogue avec les acteurs n’est plus descendant, mais s’inscrit désormais dans une gouvernance concertée et partagée. La coopération entre les services est de plus en plus collaborative et mon rôle a évolué en conséquence. Je ne suis plus seulement dans une approche opérationnelle, mais un acteur du processus de transformation du service public et du territoire.
4. Pourquoi ce métier a du sens
Qu’est-ce qui te motive dans ton travail ?
Je pense qu’œuvrer en faveur de l’intérêt général dans une démarche exemplaire donne du sens à mon engagement professionnel. Cela me permet d’agir sur la modernisation d’environnements de travail plus performants, durables et attractifs.
Un moment collectif qui t’a particulièrement marqué ?
L’élaboration du SDIR est un parfait exemple de la manière dont les services ont collaboré pour se projeter au sein de plusieurs pôles fonctionnels, dans une logique métiers. Cela prouve que l’immobilier constitue un véritable levier fédérateur de l’action publique.
5. Les enjeux de demain
Quels sont, selon toi, les grands défis à venir pour l’immobilier de l’État ?
Selon moi, les grands défis à venir pour l’immobilier de l’État sont de réussir à concilier la logique d’un investisseur à long terme avec l’évolution des normes environnementales et l’urgence liée au changement climatique.
En zone ultrapériphérique, comme à La Réunion, une montée en compétences spécifiques doit également se poursuivre afin de porter des projets exemplaires et adaptés aux réalités du territoire.
6. Fierté et mot de la fin
Quelle est ta plus grande fierté dans ton parcours au sein de l’immobilier de l’État ?
À l'image de la réhabilitation de l'immeuble « Casier Zoreils », où nous avons su conjuguer sécurité, écologie et qualité d’accueil du public, la DIE prouve que l'on peut transformer le bâti existant en une opportunité de rayonnement pour le service public.
Je suis fier de porter ces ambitions à l’échelle du territoire. Ma plus grande fierté est d’être identifié comme un facilitateur auprès des acteurs de l’immobilier de l’État, capable d’animer localement la politique immobilière de l’État en accompagnant des projets de mieux en mieux structurés.