Rencontre avec Delphine Verdière, rédactrice en gestion domaniale au sein du pôle régional de l’immobilier de l’État en Normandie

À l’occasion des 10 ans de la direction de l’immobilier de l’État (DIE), cette série met en lumière celles et ceux qui, chaque jour, contribuent à la gestion du patrimoine et à la mise en œuvre de la politique immobilière de l’État. Rencontre avec Delphine Verdière, rédactrice en gestion domaniale au sein du pôle régional de l’immobilier de l’État en Normandie.

« Notre action a un impact très concret sur le confort quotidien des agents »


1. Qui es-tu

Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je suis Delphine Verdière, rédactrice au sein du pôle régional de l’immobilier de l’État (PRIE) de Normandie depuis septembre 2020.

Quel a été ton parcours avant d’occuper ce poste ?

Après des études de droit, j’ai occupé plusieurs postes de juriste généraliste dans différentes entreprises avant d’intégrer la fonction publique. Ma première expérience dans l’administration a été au sein du ministère de la Justice, en tant que greffière au conseil de prud’hommes, d’abord à Créteil puis à Rouen.

J’ai ensuite réussi le concours d’inspectrice des Finances publiques et, à l’issue de ma formation à l’école nationale des Finances publiques, j’ai occupé le poste d’adjointe au pôle de recouvrement spécialisé de la Seine-Maritime.

À la suite de la crise sanitaire liée à la Covid-19, j’ai ressenti le besoin de relever de nouveaux défis et de donner une nouvelle orientation à mon parcours professionnel. C’est ainsi que j’ai rejoint le pôle de gestion domaniale, qui a ensuite été intégré au PRIE.

Je dois reconnaître qu’avant de rejoindre cette structure, je ne connaissais absolument pas l’immobilier de l’État et la gestion domaniale. Cette découverte professionnelle n’en a été que plus enrichissante.


2. Ton rôle au quotidien

En quoi consiste ton métier aujourd’hui ?

Aujourd’hui, je suis principalement chargée de la négociation et de la rédaction des baux de l’État. Dans ce cadre, je travaille en étroite collaboration avec le pôle d’évaluation domaniale, notamment pour la détermination du montant des loyers, mais aussi avec le volet stratégique du PRIE, qui nous apporte son expertise sur l’opportunité des prises à bail et avec lequel nous mutualisons les informations.

Par ailleurs, j’analyse les clauses des baux afin de préserver au mieux les intérêts de l’État, tout en veillant à trouver un équilibre avec ceux des bailleurs. Et bien sûr, tout au long du processus, j’entretiens un dialogue constant avec les futurs occupants des locaux.

En parallèle, je participe également à des opérations de cessions, de transferts, d’acquisitions, ainsi qu’au suivi de contentieux domaniaux.

Peux-tu nous donner un exemple concret de mission ou de projet qui illustre ton rôle ?

J’ai récemment eu l’occasion de participer à un dossier d’acquisition foncière pour la base aérienne 105 d’Évreux. Ce projet m’a permis de découvrir les contraintes propres à une emprise militaire et de mieux appréhender les enjeux liés à ce type d’acquisition.

Ce dossier a nécessité la coordination de nombreux acteurs : les services de l’État dans l’Eure, l’unité de soutien de l’infrastructure de la Défense d’Évreux, le commandant de la base aérienne, les agriculteurs cédant les parcelles, ainsi que la société d’aménagement foncier et d’établissement rural (Safer), qui avait conduit des négociations en amont.

Une procédure d’expropriation aurait pu être envisagée, toutefois le choix s’est finalement porté sur une acquisition à l’amiable, avec l’accord des agriculteurs vendeurs. Cette opération présentait une particularité puisqu’elle concernait des parcelles agricoles en exploitation, ce qui a conduit au versement d’une indemnité d’éviction.

Ce projet illustre bien la diversité des dossiers que nous traitons. Ils nécessitent à la fois des connaissances juridiques, une forte capacité de coordination entre de multiples interlocuteurs et la recherche d’un équilibre entre des enjeux parfois différents.

Quelles sont, selon toi, les compétences essentielles pour exercer ce métier ?

Tout d’abord, un bon sens du relationnel est indispensable, car nous sommes amenés à échanger avec de nombreux interlocuteurs : administrations, collectivités, partenaires extérieurs, etc.

La patience est également une qualité importante. En effet, nous ne sommes qu’un des acteurs de la chaine et nous devons souvent composer avec les contraintes, les délais et les attentes de chacun. Il faut savoir dialoguer, concilier les différents points de vue et fédérer l’ensemble des intervenants autour d’un même projet.


3. Ta vision des transformations

Quelles évolutions as-tu observées depuis ton arrivée ?

Depuis mon arrivée au PRIE, les modes de travail ont considérablement évolué, notamment avec la montée en puissance du télétravail et de la dématérialisation. Ces évolutions ont naturellement transformé les besoins immobiliers.

Plus récemment, les enjeux environnementaux ont pris une place croissante dans nos activités. Désormais, les dossiers sont systématiquement abordés en intégrant les objectifs de transition écologique et de réduction de l’empreinte carbone.

Nous avons notamment constaté que l’un des leviers les plus efficaces pour réduire les consommations énergétiques consiste à diminuer les surfaces occupées. Dans le cadre des renégociations de baux, cela se traduit par une recherche d’optimisation des surfaces des immeubles loués, une attention particulière portée aux charges et à la performance énergétique des bâtiments afin d’assurer le confort thermique des agents, été comme hiver, mais aussi par une vigilance accrue sur le respect des obligations liées au décret tertiaire.


4. Pourquoi ce métier a du sens

Qu’est-ce qui donne du sens à ton engagement professionnel aujourd’hui ?

Le sens du service public a toujours guidé mon engagement professionnel, quels que soient les postes que j’ai occupés. La transition écologique est également un sujet qui me tient particulièrement à cœur. En tant qu’ambassadrice ÉcoFiP, au sein de la direction générale des Finances publiques (DGFIP), je suis engagée sur ces enjeux et j’ai la satisfaction de pouvoir les retrouver concrètement dans mes missions quotidiennes au sein du PRIE.

En quoi ton action contribue-t-elle aux enjeux de l’action publique ?

Travailler au service de l’immobilier de l’État permet de répondre à plusieurs enjeux majeurs de l’action publique.

D’une part, il s’agit de contribuer à la maîtrise des coûts et donc à la bonne gestion des deniers publics. D’autre part, notre action a également un impact très concret sur le confort quotidien des agents. En concevant des espaces de travail adaptés, plus performants et plus confortables, nous contribuons à améliorer leurs conditions de travail et leur bien-être.


5. Fierté et mot de la fin

Quelle est ta plus grande fierté dans ton parcours au sein de l’immobilier de l’État ?

Je travaille actuellement sur le dossier de transfert du Grand Port fluvio-maritime de l’Axe Seine (HAROPA PORT). Il s’agit d’un projet d’envergure, concernant un poids lourd de l’activité portuaire en Europe, dans lequel le PRIE constitue l’un des maillons de la chaîne, aux côtés de nombreux services de la DGFIP. Dans ce cadre, nous avons dû mettre en place l’ensemble du processus de transfert, depuis la rédaction de l’acte jusqu’à l’identification et la valorisation des parcelles concernées, en lien étroit avec les équipes de HAROPA PORT et les différents services de la DGFIP.

Ma plus grande fierté sur ce dossier est d’avoir contribué à l’obtention du versement de l’intéressement à la plus-value liée à la cession réalisée par le Grand Port.

Si tu devais résumer l’immobilier de l’État aujourd’hui à quelqu’un qui ne le connaît pas, que dirais-tu ?

Ce n’est pas un exercice facile, tant les missions sont nombreuses et les acteurs impliqués variés. Ce que j’en présente ici n’en est donc qu’un aperçu.

L’immobilier de l’État regroupe un patrimoine très diversifié : bâtiments administratifs, emprises militaires, logements de fonction ou encore terrains non bâtis. Son rôle est de gérer, valoriser et adapter ce patrimoine afin qu’il réponde au mieux aux besoins des administrations, tout en conciliant performance, sobriété et intérêt général.

C'est un domaine où l'on peut travailler aussi bien sur des enjeux juridiques, immobiliers, financiers qu'environnementaux, avec des projets très variés !