Rencontre avec Pierre Bonnet-Laborderie, analyste au sein du secteur conseil et valorisation à la direction de l'immobilier de l'État

À l’occasion des 10 ans de la direction de l’immobilier de l’État (DIE), cette série met en lumière celles et ceux qui, chaque jour, contribuent à la gestion du patrimoine public et à la mise en œuvre de la politique immobilière de l’État. Rencontre avec Pierre Bonnet-Laborderie, analyste au sein du secteur conseil et valorisation à la DIE.

« Derrière chaque chiffre, il y a une histoire à raconter »


1. Qui es-tu

Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je suis inspecteur des finances publiques et je suis aujourd’hui analyste au sein du secteur conseil et valorisation de la direction de l’immobilier de l’État. J’ai rejoint la direction en septembre 2023.

Quel est ton parcours avant ce poste ?

Je travaille à la direction générale des Finances publiques depuis dix ans. J’ai intégré la fonction publique par concours, suivi une formation à l’École nationale des finances publiques, puis évolué en interne, du grade d’agent au grade d’inspecteur, avec des expériences variées, en centre des impôts et en trésorerie municipale notamment.

Avais-tu déjà été en contact avec l’immobilier de l’État avant de rejoindre la DIE ?

Oui, dans mes fonctions précédentes au sein de la délégation Île-de-France, j’ai travaillé dans un service orienté vers la mutualisation et le partage de bonnes pratiques entre métiers des Finances publiques, y compris sur des sujets liés au domaine et à l’immobilier.


2. Ton rôle au quotidien

En quoi consiste ton métier aujourd’hui ?

Mon travail s’articule autour de deux missions principales.

Je suis d’abord administrateur d’un outil métier, l’outil de suivi des cessions (OSC), qui permet de piloter les cessions immobilières de l’État et d’accompagner les services territoriaux dans son utilisation.

Je réalise également des analyses statistiques et des notes de synthèse sur les cessions, afin d’éclairer la décision publique.

Peux-tu donner un exemple concret de projet qui illustre ton rôle ?

En début d’année, je participe à l’élaboration du programme annuel des cessions immobilières. Il s’agit d’estimer, le plus finement possible, les produits de cession attendus sur l’année, puis d’en assurer le suivi, en relation avec les services en région. Ce travail est essentiel pour la projection budgétaire et la définition des objectifs des responsables locaux.

Quelles compétences sont essentielles pour ce métier ?

La maîtrise des outils informatiques et de la donnée est indispensable, notamment pour analyser et exploiter les chiffres. Il faut également de la rigueur, de la curiosité et un bon relationnel, en particulier avec les services territoriaux, dans une logique de coopération.


3. Ta vision des transformations

Quelles évolutions observes-tu depuis ton arrivée dans la filière immobilière de l’État ?

De grands chantiers sont en cours, notamment sur les outils informatiques et l’organisation de la gestion du patrimoine. À mon niveau, je travaille à améliorer en continu les outils existants pour mieux répondre aux besoins du terrain. Par exemple, je participe au projet de gestion électronique des documents (GEDimmo) du parc immobilier, qui permettra d’avoir une meilleure connaissance des bâtiments de l’État et de simplifier notre travail au quotidien.

As-tu constaté une évolution dans la manière de travailler ?

Oui, j’ai davantage d’autonomie dans mes missions et une relation de confiance avec ma hiérarchie. Le travail s’effectue aussi au sein d’une équipe aux profils variés, ce qui favorise les échanges et l’apprentissage mutuel.


4. Pourquoi ce métier a du sens

Qu’est-ce qui te motive dans ton travail ?

Pouvoir soutenir concrètement les services territoriaux, notamment lorsqu’ils rencontrent des difficultés avec les outils. J’apprécie aussi le travail sur la donnée : derrière chaque chiffre, il y a une histoire à raconter !

En quoi ton action contribue-t-elle aux enjeux de l’action publique ?

Les analyses et les travaux de prévision permettent d’éclairer la prise de décision, de préserver les intérêts financiers de l’État et de renforcer la transparence de l’action publique.

Un moment collectif qui t’a marqué ?

Les travaux en équipe pour améliorer le processus d’élaboration du programme des cessions. Dans un espace de travail entièrement décloisonné, chacun peut proposer des idées, échanger librement, ce qui fait évoluer nos pratiques concrètement.


5. Les enjeux de demain

Quels sont, selon toi, les grands défis de l’immobilier de l’État pour les prochaines années ?

La création d’une foncière de l’État, qui permettra de gérer le patrimoine de manière plus agile et opérationnelle, en répondant aux enjeux de transition écologique, de valorisation des biens et d’efficience, tout en respectant les contraintes budgétaires.


6. Fierté et mot de la fin

Quelle est ta plus grande fierté dans ton parcours à la DIE ?

La capacité du collectif à répondre rapidement et efficacement à des demandes urgentes, grâce à la solidarité et au travail d’équipe.

Comment résumerais-tu l’immobilier de l’État à quelqu’un qui ne le connaît pas ?

C’est à la fois un atout essentiel pour les agents du service public et une responsabilité importante. Le patrimoine immobilier de l’État a un fort potentiel, mais il demande une gestion exigeante pour être entretenu, rationalisé et valorisé au service de l’action publique.