« L’immobilier de l’État touche à tous les enjeux de la fonction publique. »

Publié le vendredi 17 avril 2026

Pendant six semaines, Laura Henocque, élève de l’Institut régional d’administration (IRA) de Metz, a effectué un stage d’immersion au sein de la direction de l’immobilier de l’État (DIE). Entre découverte d’une politique publique souvent méconnue, travail collaboratif et réflexion sur les défis actuels de l’action publique, elle revient sur une expérience formatrice dans un univers interministériel.

Actuellement élève à l’IRA de Metz, Laura Henocque a suivi un parcours en droit public et en sciences politiques, entre l’Université de Haute-Alsace et Sciences Po Strasbourg.

Lauréate du concours des IRA, elle a choisi de s’engager dans la fonction publique pour contribuer à des politiques concrètes et utiles aux citoyens. Issue d’un parcours marqué par son engagement personnel et académique, elle porte une attention particulière aux enjeux d’égalité des chances, d’éducation et d’accès au service public. Son stage à la DIE s’inscrit dans le cadre de sa formation et lui a permis de découvrir une politique publique transversale, au croisement des enjeux budgétaires, environnementaux et managériaux.


1. Parcours et motivation

Peux-tu nous présenter ton parcours et ton engagement dans la fonction publique ?

Après une licence en sciences politiques à Mulhouse, j’ai poursuivi à Sciences Po Strasbourg avec un master en action publique de l’État. J’ai préparé en parallèle le concours des IRA, que j’ai réussi avant d’intégrer l’IRA de Metz cette année.

Mon engagement dans la fonction publique est le résultat d’une conviction personnelle. Ayant bénéficié d’une bourse pendant mes études, j’ai souhaité, en retour, m’engager au service de l’État. C’est une manière de contribuer à des actions qui ont du sens. Mon parcours m’a aussi sensibilisée à certaines réalités, notamment les questions d’accès à l’éducation : comme je le dis souvent, « je n’ai pas bénéficié de l’ascenseur social, pour reprendre l’expression, mais j’ai pris l’escalier de service et j’ai construit mon parcours marche après marche ». Cela nourrit mon engagement, notamment auprès de jeunes que j’accompagne, par exemple via l’aide au devoir, pour leur donner des perspectives.

Pourquoi avoir choisi la direction de l’immobilier de l’État ?

Ma formation à l’IRA comprend une période d’immersion professionnelle. Je n’ai pas choisi directement la DIE : l’affectation se fait par « appariement ». Mais cela correspondait parfaitement à mes attentes, puisque je souhaitais découvrir un service à vocation interministérielle.

J’avais déjà une première expérience en administration centrale, à l’Éducation nationale, ainsi qu’à l’Assemblée nationale, mais je voulais explorer un nouveau domaine. L’immobilier de l’État m’était peu familier, même si j’en percevais certains enjeux, comme la rénovation du parc, l’accessibilité ou encore les contraintes budgétaires. Ce stage représentait donc une opportunité de découvrir concrètement cette politique publique.


2. Découverte de l’immobilier de l’État

Quelle vision avais-tu de l’immobilier de l’État avant ton stage ?

J’en connaissais seulement les grandes lignes, mais je n’imaginais pas une telle diversité. J’ai été impressionnée par l’ampleur du parc et par le nombre d’acteurs impliqués.

Qu’as-tu découvert sur le patrimoine de l’État ?

L’immobilier de l’État, ce sont des millions de mètres carrés, des bâtiments très variés, des administrations centrales aux établissements pénitentiaires, en passant par des ambassades ou même des phares. Cela concerne tous les ministères, tous les territoires, y compris à l’étranger. C’est un univers d’une richesse et d’une complexité que je ne soupçonnais pas.

Sur quels sujets as-tu travaillé ?

J’ai principalement travaillé sur la mise à jour du guide des schémas pluriannuels de stratégie immobilière (SPSI) des opérateurs, avec l’objectif de le rendre plus accessible, plus graphique et plus opérationnel.

J’ai dans ce cadre participé à l’organisation d’un webinaire avec les opérateurs, ce qui m’a permis de mieux comprendre leurs besoins. Chaque secteur, qu’il s’agisse de la Culture ou de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, a ses propres contraintes, ce qui rend le pilotage pour la DIE particulièrement intéressant.

Un enjeu t’a-t-il particulièrement marquée ?

Ce qui m’a le plus marquée, c’est à quel point tous les enjeux sont liés. Réduire les surfaces, par exemple, permet de dégager des marges de manœuvre pour rénover les bâtiments et améliorer leur performance énergétique.

J’ai aussi compris qu’il ne s’agissait pas simplement de « faire moins de mètres carrés », mais de concevoir des espaces mieux adaptés aux usages et contribuant à la qualité de vie au travail. Cela implique un véritable accompagnement des équipes.

Selon toi, en quoi l’immobilier est-il un levier pour l’action publique ?

C’est un levier majeur. Il joue sur l’efficacité budgétaire, la qualité d’accueil des usagers, les conditions de travail des agents, mais aussi sur la modernisation de l’État. L’immobilier est partout, souvent en arrière-plan, mais il conditionne en grande partie l’efficacité de l’action publique au quotidien.


3. Immersion au sein de la DIE

Comment s’est déroulée ton arrivée ?

J’ai été très bien accueillie au sein de l’équipe de Sandra Senichault, en charge de l’asset management, avec Laurence Maurette comme tutrice de stage. Les collègues ont pris le temps de m’accompagner dans la découverte de sujets assez techniques. J’ai notamment suivi une formation à l’IGPDE pour acquérir les bases de la politique immobilière de l’État. J’ai aussi pu échanger avec de nombreux acteurs, à la DIE et au-delà, ce qui m’a permis d’avoir une vision d’ensemble.

Qu’as-tu pensé de l’organisation et du travail en équipe ?

J’ai beaucoup apprécié la transversalité. Les équipes fonctionnent en mode projet, avec des profils très variés, ce qui enrichit les échanges.

L’environnement de travail m’a également marquée : les espaces à la DIE sont pensés en fonction des besoins, avec un bon équilibre entre zones de collaboration et zones de concentration. Cela montre concrètement l’impact de l’immobilier sur la qualité de vie au travail.

Cette immersion t’a-t-elle permis de mieux comprendre le rôle de l’administration centrale ?

Oui, car j’ai découvert comment elle pilote, impulse et accompagne les politiques publiques, en lien avec les opérateurs et les services déconcentrés. Il y a une vraie logique de dialogue et de pédagogie, loin d’une vision descendante.


4. Expérience et perspectives

Que retiens-tu de cette expérience ?

C’est une expérience très formatrice. Elle m’a permis de comprendre concrètement comment se construit et se met en œuvre une politique publique, avec une grande diversité d’acteurs.

J’ai aussi acquis une vision d’ensemble de l’organisation administrative, ce qui est assez unique.

En quoi cela sera utile pour ta carrière de cadre de l’État ?

J’ai réalisé que l’immobilier était une dimension incontournable de l’action publique. Ce n’est pas seulement une fonction support : c’est une politique à part entière.

La première image de l’État, c’est souvent le bâtiment dans lequel on est accueilli. Il y a donc un enjeu fort en termes de service public, mais aussi de gestion responsable du patrimoine.

Pourquoi les futurs attachés devraient-ils s’y intéresser ?

Parce que cela mobilise toutes les compétences que nous développons à l’IRA : pilotage des ressources, conduite de projets, management, transition écologique, etc. L’immobilier est un concentré de l’action publique.


5. Le mot de la fin

Si tu devais résumer ton expérience à la DIE ?

En trois mots, je dirais : formateur, enrichissant et concret.

L’immobilier de l’État, pour toi, c’est… ?

Une fonction stratégique, au croisement de tous les enjeux de la fonction publique !

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