Portraits

Les portraits d’agents de la DIE

Après mon baccalauréat j'ai suivi un parcours universitaire en faculté de droit, avec un master 1 en droit public puis un master 2 spécialisé en finances publiques et fiscalité. A l'issue de mes études, j'ai travaillé une année comme contractuel, collaborateur d'élus rattaché au service du cabinet d'une grande collectivité. J'ai ensuite intégré l'école nationale des finances publiques en 2017. La DIE constitue ma première affectation en tant qu’inspecteur, elle ne résulte pas tout à fait d'un hasard, puisque je suis en quelques sortes revenu à mes premiers amours... En effet, malgré une formation initiale accès sur le droit fiscal, je suis revenu à la DIE où j'avais déjà réalisé un stage universitaire dans le cadre de mon master, c'est donc un retour aux sources.

 

La DIE : « Quel est votre rôle à la DIE ? »

Guillaume : Comme la grande majorité des inspecteurs des finances publiques qui exercent en administration centrale, j'occupe la fonction de rédacteur. Je travaille au sein du bureau DIE 3A, qui est en charge de l’administration des actifs immobiliers et domaniaux, avec une équipe de 19 personnes dont 13 rédacteurs qui ont chacun un portefeuille de missions spécifiques.

Plus particulièrement, je travaille sur les concessions de logement, que l'on appelle plus couramment les logements de fonction. Pour les fonctionnaires des services de l'Etat, les logements de fonctions sont accordés uniquement lorsqu'ils respectent une réglementation dédiée. La DIE est garante de la bonne application de cette réglementation. C'est à ce titre que nous sommes à la fois les interlocuteurs des ministères gestionnaires (qui demandent des logements de fonction) et des services locaux du domaine (qui sont chargés de délivrer et d'attribuer des logements de fonction aux agents bénéficiaires). J'aime ce travail de coopération interministérielle, tout comme mon rôle d'assistance aux services du réseau qui peuvent se heurter à des problèmes très concrets et non prévus par la réglementation.

Outre cette mission principale, je travaille aussi sur des dossiers de longue haleine qui concernent le suivi de la dette domaniale de certains établissements publics. Je m'occupe également dans le cadre de mon portefeuille des dossiers relatifs aux baux de chasse et baux de pêche sur le domaine de l'Etat.

 

La DIE : « Quel grand projet auquel vous avez contribué vous laisse un souvenir marquant ? »

Guillaume : Je suis en poste depuis moins de deux ans à la DIE, par conséquent je ne peux pas encore parler de l'un de mes dossiers de longue haleine qui aurait abouti et qui m'aurait laissé un souvenir marquant. En revanche, certains dossiers en cours et initiés depuis ma prise de poste m'ont particulièrement animé. En particulier, le renouvellement en cours des arrêtés interministériels relatifs aux concessions de logement résulte d'une démarche longue, de réflexions concertées avec ma hiérarchie, avec à la clé un arbitrage du ministre et un important travail à venir en lien avec l'ensemble des ministères gestionnaires.

Dans une dimension toute autre, mais également importante pour mon début de parcours professionnel, j'ai participé dès ma prise de poste à la rédaction d'une instruction au réseau sur la thématique de l'implantation des ruches sur le domaine de l'Etat. Cela peut prêter à sourire, mais cette instruction avait pour objet d'harmoniser le montant des redevances dont sont redevables les occupants du domaine public, tout en gardant comme fil rouge la nécessité de préserver l'activité apicole. Ce fut un excellent apprentissage de la manière dont on communique avec les services locaux sur un sujet ciblé, ainsi que du rôle d'une administration centrale en matière d'animation du réseau afin d'assurer une cohérence dans l'action des services de la DGFiP.

 

La DIE : « Votre talent insoupçonné, votre passion, une expérience de vie insolite ? »

Guillaume : Je ne pense pas avoir de talent insoupçonné à révéler ; mes expériences de vie insolites (professionnelles) sont en revanche nombreuses... les situations que je découvre concernant les logements de fonction sont en effet parfois cocasses et inattendues. J'aimerais plutôt parler d'une passion : le sport. On me voit rarement arriver sans mon sac de sport au bureau, je fais souvent de l'urban challenge ou de la course à pied lors de la pause déjeuner, que ce soit avec mes collègues de bureau ou avec ceux d'autres services de Bercy.

Diplômée de l'IEP de Paris en juin 1983, section « service public », je suis entrée dans l'administration d’État en janvier 1984. Après une carrière de 20 ans à la ville de Paris où j'ai exercé des missions à la fois conceptuelles mais aussi très opérationnelles et quelques années à Bercy, je suis arrivée à la DGFiP en janvier 2010 et j'ai déployé avec une petite équipe, CHORUS ordonnateur et ai préparé le déploiement de SIRHIUS jusqu'en 2016. J'ai rejoint la DIE en janvier 2017.

 

La DIE : « Quel est votre rôle à la DIE ? »

Christine : Je pilote les deux bureaux de la sous-direction DIE 2 dont l'action est très complémentaire dans le cadre des missions d'asset management qui sont les nôtres. L'un impulse la stratégie immobilière de l’État et accompagne l'ensemble des acteurs en leur donnant les moyens informatiques (RT, OSFI etc), méthodologiques et de formation nécessaires à l'élaboration des stratégies immobilières des services centraux, déconcentrés et des opérateurs. L'autre accompagne des projets immobiliers emblématiques ou importants et instruit les dossiers de labellisation soumis à la CNIP. En tant qu'expert, il accompagne la réalisation des projets, en particulier ceux afférents à la rénovation des cités administratives

 

La DIE : « Quel grand projet auquel vous avez contribué vous laisse un souvenir marquant ? »

Christine : Lorsque je suis arrivée à la Direction de l’immobilier de l’Etat, j’ai eu à concrétiser avec mes équipes l'accompagnement à la réalisation des SDIR, des SPSI d'administration centrale et des SPSI de près de 500 opérateurs. Il faut déployer des talents pour convaincre qu'un SPSI n'est pas un devoir scolaire mais un moyen, que l'immobilier est au service des stratégies métiers et de politiques publiques, au meilleur coût et à la meilleure qualité pour les occupants et par conséquent pour l'Etat. J'ai également impulsé, avec le bureau DIE 2A, le déploiement de l'OSFI qui est devenu aujourd'hui une réalité.

Côté expertise, l'accompagnement de deux acquisitions très importantes et de projets emblématiques (projet de site unique du renseignement intérieur, projet de campus recherche au Val de Grâce...) constituent de vraies aventures que nous partageons avec nos autres collègues ministériels avec lesquels nous constituons des équipes projet soudées autour d'objectifs communs importants pour notre pays (la sécurité, la recherche).

Enfin, j'impulse au côté du directeur et avec ma collègue, Agnès Teyssier d'Orfeuil, le groupe de travail sur l'immobilier de demain qui réunit des personnalités venant de multiples horizons, ce qui est très enrichissant.

 

La DIE : « Votre talent insoupçonné, votre passion, une expérience de vie insolite ? »

Christine : J’ai de multiples passions que je partage toutes avec mon mari, parmi lesquelles je peux citer la conduite automobile sportive, le tir au pistolet, la marche à pied, la natation. Mais je ne serais pas heureuse si je ne pouvais lire une ou deux œuvres littéraires par semaine. J'ai une vraie passion pour Proust, Primo Levi, Malaparte, John Fante, Roberto Bolano, Nicolas Amaniti, Joyce Carol Oates, Philippe Roth, Fromentin, Huguenin, Balzac etc. Relire pendant la période de confinement « Splendeurs et misères des courtisanes » après « Les illusions perdues » m'a ainsi permis de voir le palais de justice (qui concerne l'un des projets que nous suivons) d'une autre manière. Et pour finir, je ne conçois pas de lire sans déguster, de temps en temps, un bon vin de Bourgogne (le vin de Beaune les vignes de l'enfant Jésus notamment) en laissant mon regard caresser les vignes au soleil couchant !

Après une expérience de quelques années dans le privé en tant que paysagiste concepteur Joël Byé entre au ministère de l’écologie ou il occupe différents postes dans le domaine de l’aménagement du territoire et de l’urbanisme. Architecte urbaniste de l’État en chef, il approfondit sa connaissance de l'immobilier public au sein du service national de l’ingénierie aéroportuaire de la DGAC où il est chef de département en programmation. A l'issue d'un poste à la délégation à l'action foncière e et immobilière au ministère de l’Ecologie, il rejoint la Direction de l’immobilier de l’État comme chef de bureau chargé de l’expertise des projets immobiliers de l’État.

 

La DIE : « Quel est votre rôle à la DIE ? »

Joël : En tant que chef de bureau j’anime et pilote l’activité du bureau d’expertise de l’immobilier de l’État au sein de la sous-direction stratégie expertise. Le bureau est constitué d'une petite équipe d’une dizaine de collaborateurs d’origine et de compétences variées : ingénieurs en génie civil, juristes, architectes, experts en évaluation ou encore agents de la DGFiP. Cette diversité confère une grande richesse de travail et d’approches propices à un fonctionnement en mode projet particulièrement stimulant.

La mission principale du bureau consiste à apprécier la pertinence et la soutenabilité des projets immobiliers présentés par le ministère ou leurs opérateurs et à accompagner les porteurs de projets dans leur définition. Il peut s'agir de situations très variées : projets de construction neuve ou de réhabilitation, prises à bail, opérations de densification ou acquisition.

Le bureau est ainsi mobilisé sur un nombre très important d’opérations, partout en France, souvent complexes, qui nécessitent une analyse fine des stratégies immobilières, une lecture pointue des contextes urbains et des orientations politiques, et, globalement, d’une curiosité pour tous les sujets que s’attachent au projet immobilier. A cet égard, le bureau travaille en très étroite collaboration avec le réseau de la politique immobilière de l’État, notamment avec nos collègues responsables immobilier de l’État en région, mais aussi avec les bureaux immobiliers des ministères, avec les opérateurs et les préfectures.

Le bureau intervient ainsi de l’amont des projets, dès le stade de l’expression de besoin et de la recherche de scénario le plus performant d'un pont de vue immobilier, technique juridique et économique, jusqu’à l’aval, avec un suivi de la mise en œuvre opérationnelle de certains projets majeurs comme par exemple ceux lies au grand programme de rénovation des cités administrative de l’État.

Mon rôle en tant que chef de bureau consiste ainsi à gérer le plan de charge de l’équipe, à épauler les chargés de mission dans le suivi des opérations qui leur sont confiées, à relayer les enjeux auprès des décideurs internes ou externes. En tant qu’architecte urbaniste de l’État je participe également de l’expertise, notamment dans le domaine de l’urbanisme ou de l’analyse bâtimentaire.

 

La DIE : « Quel grand projet auquel vous avez contribué vous laisse un souvenir marquant ? »

Joël : Toutes les opérations, quel que soit leur niveau de définition ou d’avancement ouvrent des champs de réflexions sans cesse renouvelés, jamais répétitifs. Il est ainsi difficile de choisir ! La lecture des contextes urbanistiques, la confrontation au marché immobilier local ou la compréhension des enjeux politiques, sociaux et économiques qui entourent le projet invitent à de continuels enrichissements, remises en cause et recherches de solutions avec les porteurs de projets ou les décideurs. L’immobilier est aussi une matière qui doit incarner les enjeux actuels environnementaux et énergétiques, de la politique immobilière et être un réceptacle souple pour les évolutions actuelles de l’administration. Tout cela est passionnant !

J’aime ces temps longs de questionnements, dialogues, recherches de solutions. Le projet de valorisation de l’emprise domaniale boulevard Vincent Auriol dans le 13ème arrondissement de Paris, que je suis depuis plus de deux ans, est très stimulant, notamment en matière de négociations avec la ville de Paris, de recherche des meilleures occupations ou performances économiques. Sur un autre sujet, la prospection immobilière menée pour trouver un bâtiment adapté à l’un des services du premier ministre, et qui s’est finalisée par un moment convivial de tous les acteurs du projet dans les salons de l’hôtel de Matignon reste un très bon souvenir.

 

La DIE : « Votre talent insoupçonné, votre passion, une expérience de vie insolite ? »

Joël : J’aime découvrir des lieux atypiques porteurs d’histoire et de cultures. En ce sens, beaucoup d’opérations appréhendées à travers mon activité à la DIE constituent en soi un petit voyage, la découverte d’un patrimoine d’époques variées, parfois exceptionnel. Cette immersion dans des lieux, du banal bâtiment à l’édifice prestigieux, fait aussi tout l’intérêt de ce poste.

Nicolas

Administrateur de l'institut national de la statistique et des études économiques, Nicolas a déployé, après deux postes à l'INSEE (comme responsable d'un service d'étude en direction régionale puis au département de la conjoncture), un parcours sur des fonctions de « gestion publique » : à la Direction du budget, comme chef de bureau, à l'Institut national de la recherche agronomique (INRA), comme directeur des finances et de l'administration générale, ou à la Direction générale des finances publiques (chef de bureau des opérateurs). Dans le droit fil de ces postes, il a rejoint la Direction de l'immobilier de l'Etat (à l'époque le service France Domaine) courant décembre 2014, comme sous-directeur « Administration et valorisation de l'immobilier de l'Etat ».

 

La DIE : « Quel est votre rôle à la DIE ? »

Nicolas : La sous direction « Administration et valorisation de l'immobilier de l'Etat » que j'anime se positionne, au sein de la Direction de l'immobilier de l’État, comme la sous-direction au service des autres équipes de cette direction, au service du réseau, c'est-à-dire des pôles de gestion domaniale (aux chefs-lieux de région) et des Services locaux du domaine (dans chaque département), ainsi que de la communauté interministérielle, sur les sujets de gestion immobilière et domaniale. Elle est donc associée à de très nombreux projets portés par la Direction de l'immobilier de l’État.

Elle participe à la modernisation des métiers dont elle a la charge, en proposant des réformes ou des applications informatiques qui vont structurer les pratiques professionnelles de son réseau.

Elle assume les fonctions classiques d'une sous-direction de la Direction générale des finances publiques. Elle pilote un réseau territorial, c'est-à-dire qu'elle traduit, pour les opérationnels, les politiques qui ont été validées par le Ministre, elle apporte un soutien « métier » à une communauté professionnelle qu'elle anime, en concevant des outils co-construits avec ce réseau, en animant des réunions périodiques, en se déplaçant sur le terrain, en répondant aux questions. Ce soutien va de la gestion domaniale (acquisitions, cessions, prises à bail, mise à disposition de biens de l’État, dévolutions, montages « complexes », etc.) au contentieux domanial et de l'expropriation. La sous-direction assume la maîtrise d'ouvrage métier de plusieurs applications informatiques.

La gestion domaniale étant de la responsabilité du Préfet – les Directeurs régionaux / départementaux des finances publiques sont, pour leur part, responsables des conditions financières de l'occupation du domaine – le réseau immobilier et domanial de la Direction générale des finances publiques demande souvent une « réassurance » auprès de la Centrale sur des dossiers particuliers.

Du fait des liens qui existent, d'une part, entre le Code général de la propriété des personnes publiques, dont la Direction de l'immobilier de l'Etat a la responsabilité et, d'autre part, beaucoup d'autres codes, législations ou réglementations, la sous direction est très fréquemment sollicitée en co-rédaction ou en relecture – en général, dans l'urgence – de projets de textes législatifs ou réglementaires. L'association à de nombreux projets inscrits dans la politique immobilière de l'Etat la conduit à relire ou co-rédiger de nombreux projets de contrats immobiliers ou domaniaux.

Dans ce contexte, je suis, comme tout sous-directeur à la DGFiP, un « manager » qui doit savoir « monter au front » sur le fond des dossiers. Les enjeux sont de ne pas se laisser dépasser par des sollicitations multiples (réunions interministérielles fréquentes, comitologie foisonnante, réponses aux multiples sollicitations auxquelles le ministre ou la DIE sont exposés) pour garder une capacité d'anticipation, de priorisation et d'innovation et pour ne pas perdre le cap. C'est-à-dire pour continuer à faire le métier de l'administration centrale.

Ce qui m'importe est de m'assurer que la sous-direction ne se positionne pas comme « gardien du temple » (il faut cependant à certains moments rappeler le droit …) et privilégie une attitude d'offre de service. En cela, la sous-direction s'inscrit dans le positionnement général de la Direction de l'immobilier de l’État, direction à vocation interministérielle au service des « métiers » de l’État.

La gestion immobilière et domaniale s'inscrit pleinement dans le cadre plus large de la politique immobilière de l’État, une politique relativement récente (lancée il y a un peu plus de dix ans), si bien qu'à la DIE, se construisent encore des outils nouveaux, des méthodes de travail nouvelles et, au fil de l'élargissement des compétences de la Direction de l'immobilier de l'Etat, des « terra incognita » (ou presque) sont « conquises ». C'est passionnant.

 

La DIE : « Quel grand projet auquel vous avez contribué vous laisse un souvenir marquant ? »

Nicolas : Difficile de choisir ! La sous-direction est impliquée dans un tel nombre de grands projets. Je me souviens d'une audition parlementaire environ trois semaines après mon arrivée, sur la gestion domaniale en outre-mer qui m'a fait comprendre ce que les expressions « complexité administrative » et « speed dating » peuvent signifier. Plus récemment, la participation, aux côtés d'une direction locale, à la négociation des clauses d'un acte de cession particulièrement « complexe », a été une expérience particulièrement enrichissante.

 

La DIE : « Votre talent insoupçonné, votre passion, une expérience de vie insolite ? »

Nicolas : Un goût marqué pour la musique que je pratique en amateur, comme instrumentiste et comme choriste. C'est probablement pourquoi j'apprécie l'harmonie.

Mais de même que la musique est fondée sur des différences de hauteur, de timbres, d'intensité, sur des ruptures de rythme, sur des déplacements d'accents, sur des accélérations et des ralentis, de même la vie administrative est tissée de dossiers conflictuels et de dossiers consensuels, d'accélérations (et si souvent des ralentis …), de continuité et de ruptures (souvent salutaires), etc. L'harmonie n'est donc ni quiétude, ni immobilisme, mais un état d'esprit conduisant à ne pas se perdre dans l'écume des jours, mais à privilégier constamment l'objectif majeur : que l’État fonctionne bien (ou mieux).

Laurence

Après des études d’économie internationale à Paris 10 et Paris 1 Panthéon Sorbonne, Laurence est entrée à la DGFiP en qualité d’inspecteur des Finances publiques en 1996. Elle a exercé des fonctions variées, depuis la formation professionnelle jusqu’au support pour le déploiement de l’application de dépense de l’Etat Chorus, en passant par l’accompagnement au changement dans le cadre de la mise en place de la LOLF (Loi organique relative aux Lois de Finances). Elle a rejoint la Direction de l’immobilier de l’Etat en 2015.

 

La DIE : « Quel est votre rôle à la DIE ? »

Laurence : Le bureau auquel j’appartiens définit la méthodologie et suit la mise en œuvre des schémas directeurs immobiliers, tous les acteurs de la sphère Etat (ministères, acteurs déconcentrés, opérateurs tels que les universités, le Musée du Louvre,…) ayant l’obligation de produire un schéma directeur immobilier pluriannuel. Contrat d’objectifs sur 5 ans, il engage l’administration sur une feuille d’amélioration et d’évolution de son parc immobilier. En tant que chargé de mission, j’anime un portefeuille régional (Hauts-de-France, Pays-de-la-Loire) et ministériel (Ministère de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation). Il s’agit donc d’un travail d’analyse, mais qui suppose aussi de nombreux échanges avec les différents acteurs et parfois des déplacements en région.

Par ailleurs, je contribue au chantier de professionnalisation des acteurs immobiliers de l’Etat, pour la définition des besoins et la conception de modules. Je dispense aussi régulièrement des actions de formation pour un public interministériel au sein de l’institut de formation du ministère des Finances (IGPDE).

Même si le rythme de travail est soutenu toute l’année, j’apprécie d’appartenir à un bureau à taille humaine (8 personnes au total) avec des personnes ayant des origines très diverses (finances, autres ministères, secteur privé). Cela constitue indéniablement sa richesse par la confrontation des différentes expériences et les transferts de compétences qui s’organisent spontanément. L’ouverture à l’interministériel rythme aussi mon activité au quotidien.

 

La DIE : « Quel grand projet auquel vous avez contribué vous laisse un souvenir marquant ? »

Laurence : Lorsque je suis arrivée à la Direction de l’immobilier de l’Etat, j’ai eu la chance de participer au lancement des schémas directeurs immobiliers en région (SDIR). Avec mes collègues, nous avons ainsi organisé de nombreuses séances de « brainstorming » pour rédiger les grandes lignes méthodologiques des SDIR et proposer aux acteurs ministériels des outils d’accompagnement (guides, outils informatiques,…).

Cette phase de réflexion, à laquelle nous avons tous participé en apportant chacun nos compétences, s’est aussi concrétisée par un « tour de France » pour expliciter et promouvoir la démarche au niveau local, tout en intégrant dans nos travaux les retours d’expérience des régions expérimentatrices. Partant d’une page quasiment blanche, nous avons donc avancé en marchant et c’était une expérience captivante !

 

La DIE : « Votre talent insoupçonné, votre passion, une expérience de vie insolite ? »

Laurence : J’ai une passion pour les voyages lointains et le désert en particulier, mais j’attends que mes quatre enfants aient grandi un peu pour pouvoir l’assouvir complètement…

Ancien élève de l’École des officiers de la gendarmerie nationale (EOGN), le commandant Yves Rebours est titulaire d’un double master 2 en gestion publique et d’un master 1 en informatique de gestion. Breveté de l’enseignement militaire supérieur et chevalier de l’ordre nationale du Mérite, il a occupé par deux fois le poste de chef de section au sein de la sous-direction de l’immobilier et du logement de la direction générale de la gendarmerie nationale (DGGN) et a été conseiller technique de la chaîne des affaires immobilières avant de rejoindre la DIE en mars 2018 en qualité d’officier de liaison.

 

La DIE : « Quel est votre rôle à la DIE ? »

Yves : Comme l’indique mon titre d’officier de liaison, mon rôle consiste à mettre du liant dans le traitement des sujets immobiliers traités par les Domaines au profit de la gendarmerie. Ma connaissance du parc immobilier de la gendarmerie, qui se caractérise par un maillage territorial dense et par la colocalisation des locaux de service avec les logements des militaires, et de l’ensemble des spécialistes de la chaîne immobilière de l’arme, me permettent d’apporter quotidiennement et rapidement les réponses nécessaires à la conduite des opérations immobilières.

C’est un exercice délicat, car j’ai 3 chefs.

Mon autorité d’emploi, la DIE et en particulier le sous-directeur DIE-3 et la cheffe du bureau DIE-3A, auprès de qui j’exerce ma mission. Je traite des interventions d’élus ou de préfets auprès du ministre de l’action et des comptes publics, j’apporte mon expertise sur des sujets complexes rencontrés par le réseau de la DIE, je participe à l’évolution de la doctrine, j’anime des journées d’étude ou des groupes de travail.

Mon autorité fonctionnelle et notateur juridique, la DGGN représenté par le général sous-directeur de l’immobilier et du logement et ses 2 chefs de bureau. Je leur apporte les solutions préconisées par la DIE pour qu’elles soient prises en compte par le réseau gendarmerie, je leur propose les hypothèses envisagées pour l’évolution de la doctrine, je coordonne les éléments de langage lorsque les 2 ministres sont saisis d’un sujet. Je suis également attentif aux besoins exprimés par la DGGN et la direction de l’évaluation de la performance, de l’achat, des finances et de l’immobilier (DEPAFI) du ministère de l’Intérieur.

Enfin, mon autorité organique, le général commandant le soutien opérationnel de la gendarmerie nationale. Cette structure, implantée pour partie au Blanc (36) et à Rosny-sous-Bois (93), se charge de la tenue de mon dossier militaire, assure mon entrainement au tir et veille au respect de mes obligations liées à la condition de militaire.

Enfin, j’apporte chaque année mon soutien à l’école des officiers de la gendarmerie de Melun et à l’école du génie à Angers en proposant des séances de formation sur l’immobilier de l’Etat et le rôle de la DIE.

 

La DIE : « Quel grand projet auquel vous avez contribué vous laisse un souvenir marquant ? »

Yves : J’ai eu la chance, lorsque j’étais encore à la DGGN, de participer à la rédaction d’un article de la loi NOTRe de 2015 et à la rédaction d’un décret créant ainsi un dispositif permettant de faciliter l’engagement des organismes HLM dans des opérations immobilières du parc locatif de la gendarmerie en contrepartie de l’encadrement du loyer versé par l’État.

J’ai dû à cette occasion étendre mes connaissances juridiques afin de pouvoir échanger sur un même niveau de compétence avec mes correspondants de la direction générale des collectivités territoriales (DGCL), de la direction générale du Trésor (DGT) et de la DIE. L'étape la plus importante et la plus impressionnante fut celle qui consistait à présenter le dispositif devant la commission nationale d’évaluation des normes (CNEN) rassemblant des élus locaux et nationaux afin d’obtenir une décision favorable de leur part.

Aujourd’hui, une nouvelle chance se présente à moi par l’animation d’un groupe de travail au sein du quel je vais retrouver des entités telles que la direction du budget, la DGT, la DGCL, FIN INFRA et le service des collectivités locales de la DGFiP pour concevoir un dispositif de soutien pour les collectivités territoriales dans leur démarche de négociation de leur PPP.

 

La DIE : « Votre talent insoupçonné, votre passion, une expérience de vie insolite ?

Yves : Ce n’est pas une passion ni une expérience de vie insolite mais j’apprécie beaucoup et je suis fier de représenter la maison gendarmerie, de faire connaître ses missions et ses particularités, à mes collègues de la DIE et de la DGFiP, en administration centrale ou en local. Je le suis encore plus lorsque je rencontre un élu ou un préfet sous ma double casquette DGGN-DIE afin de trouver ensemble des solutions qui répondent aux besoins des citoyens, qui améliore le service rendu aux usagers tout en préservant les efforts des contribuables.

Ah, sinon, mes modestes talents en informatique sont régulièrement réquisitionnés pour créer des tableaux croisés dynamiques !

Après des études à l’Institut d’Études Politiques de Lyon, Céline est entrée dans la maison « DGFiP », en qualité d'inspecteur du Trésor public en 1997. Un parcours interne brillant à la DGFiP (auditrice au sein de la DDFiP 78 et Cheffe du pôle ‘dialogue social’ en administration centrale), ainsi qu'un passage à l'inspection générale des finances lui ont permis d'accéder au grade d'Administrateur des Finances Publiques (A+) et d'endosser , depuis 2018, la responsabilité de Cheffe de l’équipe projet de la Direction de l'immobilier de l'Etat (DIE).

 

La DIE : « Quel est votre rôle à la DIE ? »

Céline : Au sein de la DIE, je manage une « équipe projet », directement rattachée à l’équipe de direction de la DIE, et comprenant 4 collaborateurs, dont une cadre supérieure, Administratrice des Finances Publiques adjointe. Notre structure prend en charge le pilotage de certains des projets transversaux de la la DIE, tels que la réingénierie du process d’émission et de recouvrement des redevances domaniales, l’expérimentation  de la comptabilité analytique bâtimentaire ou encore le programme de rénovation des cités administratives, dit « P348 ».

Nous travaillons ainsi tous constamment en « mode projet », ce qui demande d’être adaptables, flexibles, innovants mais aussi rigoureux et organisés afin de suivre et piloter de manière efficiente les différents projets – voire programmes – dont nous avons la responsabilité. Nous nous efforçons de favoriser les synergies entres les équipes – internes comme externes à la DIE – impliquées sur les projets, et de leur mettre à disposition tous les moyens de collaborer efficacement – ce qui s’avère aujourd’hui, avec l’avènement des nouveaux outils digitaux, bien plus facile !

Mon rôle est ainsi de veiller à la bonne marche de tous ces projets et de leur pilotage. C’est bien entendu passionnant et très enrichissant : les projets sont très variés, les difficultés sont systématiquement singulières et les victoires toujours collectives ! Si chaque journée est différente, et si certaines sont plus difficiles que d’autres, j’aime travailler en collaboration, en « mode projet » – même si je ne suis du coup que très rarement dans mon bureau ! 

 

La DIE : « Quel grand projet auquel vous avez contribué vous laisse un souvenir marquant ? »

Céline : Sans doute aucun, le programme de rénovation des cités administratives dit « P348 » (ce nom de code un peu ésotérique correspond au numéro du programme budgétaire dans la Loi de finances) ! Lancé en janvier 2018, il concerne 39 cités administratives – bâtiments emblématiques de la présence de l’Etat dans les territoires regroupant plusieurs services – qui bénéficient d’un programme d’un milliard d’euros dédié à la rénovation, notamment énergétique des sites.

Pourquoi ce programme ? Pour plusieurs raisons :

 

C’est un programme exceptionnel piloté par la Direction de l’Immobilier de l’État. Ce sont 39 projets sélectionnés, après expertise, parmi les 52 projets reçus, sur tout le territoire national, 150 bâtiments, 600 000 m² et 30 000 agents publics concernés. C’est une dotation d’un milliard d’euros sur 5 ans, intégrée au Grand Plan d’Investissement (GPI). C’est une pluralité d’acteurs locaux et nationaux impliqués dans chaque projet de cité : les préfectures, les SGAR, les MRPIE, les services achats de l’État, les services assurant la maîtrise d’ouvrage et la conduite des opérations sur le plan technique, les prestataires (assistance à maîtrise d’ouvrage et maîtrise d’œuvre), ainsi que les collègues des différents bureaux de la DIE assurant le suivi et l’accompagnement technique et budgétaire, le cabinet du ministre, les services du Ministère de la Transition Ecologique et Solidaire, etc. C’est également un calendrier contraint et tendu.

C'est ainsi un programme inédit au sein de la Direction de l’Immobilier de l’État, qui nous a conduit à mettre en place des structures agiles (notamment avec du management visuel de projet), des outils de suivi et de pilotage dédiés, des instances de validations ad hoc, associant l’ensemble de la communauté interministérielle.

 

Et c’est un programme qui s’inscrit pleinement dans les préoccupations actuelles liées à l’environnement et sa préservation ainsi qu’à l’optimisation des ressources financières de l’État. Tout le P348 est en effet centré sur la recherche systématique de la meilleure performance énergétique et immobilière des sites concernés.

Au travers de ce programme et des projets sélectionnés, nous avons recherché à minorer les consommations énergétiques et réduire l’empreinte environnementale que l’immobilier de l’État laissera en investissant 655 millions d’euros (sur l’enveloppe d’un milliard dédiée) dans la performance énergétique. L’ensemble des projets de rénovation permettra de faire diminuer de 50% leurs émissions de gaz à effet de serre et de 67% le montant des factures énergétiques des services concernés.

Ces projets intègrent également d’autres types de travaux de modernisation qui permettront d’améliorer les conditions d’accueil du public et les conditions de travail des agents, en optimisant l’occupation des surfaces et en accueillant des services supplémentaires. Le regroupement de services supplémentaires au sein de ces nouveaux ensembles permettra de quitter près de 240 000 m² de locaux et de générer des économies de l’ordre de 40 millions d’euros par an.»

 

Le pilotage de ce programme est passionnant et très enrichissant dans un parcours professionnel, car ses facettes sont multiples. Il faut articuler les différentes problématiques qui se retrouvent de façon très concrète dans les projets :

des enjeux techniques comme celles relatives aux énergies renouvelables avec les panneaux photovoltaïques en auto-consommation ou nécessitant le recours aux procédures de la Commission de régulation de l’énergie, à la mutualisation des réseaux informatiques, aux contraintes urbanistiques et architecturales, etc… des enjeux financiers et contractuels, avec le développement du recours aux marchés globaux de performance, les modalités de prise en compte des certificats d’économie d’énergie, la traduction dans les outils et process budgétaires des modalités de gestion performantielle développées… des enjeux organisationnels, liés aux réformes en cours dans les services de l’Etat, à la prise en compte des nouvelles modalités de travail, à la mutualisation des services des enjeux de reporting auprès des différentes instances et structures qui suivent attentivement le bon déroulement de notre programme : Comité de pilotage du GPI présidé par la Ministre de la Transition Ecologique et Solidaire, Secrétariat général pour l’Investissement, Parlement, Direction du Budget, Conseil de l’Immobilier de l’Etat, Comité interministériel pour la transformation publique (CITP)…
 

Avec ce programme, nous mobilisons les compétences et les expériences de chacun au sein de la DIE, des Ministères et dans les territoires !

 

La DIE : « Votre talent insoupçonné, votre passion, une expérience de vie insolite ?

Céline : Si ce n’est pas à proprement parler un talentje suis fière d’avoir toujours pu arriver à concilier ma carrière et un job passionnant comme aujourd’hui, avec ma vie familiale, même si ce n’est pas toujours facile... C’est un véritable challenge pour notre génération, aussi bien hommes que femmes !